Championnat de France, Agen, août 2017.

Michel SAUCEY

 

Il y a une nouvelle catégorie  dans ces championnats : Senior + (plus de cinquante), du coup, je me suis inscrit chez les vétérans.

Les anciens manquent d'énergie. L'avenir sera moche :

Vous êtes au milieu du bal, vous commencez à vous amuser et votre partenaire s'éclipse discrètement vers la sortie. Vous vous retrouvez tout seul avec la feuille de partie signée à la main. Pour mes adversaires, il y avait différentes manières d'éteindre la lumière. Après 3 heures de jeu, soit ils faisaient une gaffe, soit ils prenaient des océans de temps pour finir par perdre à la pendule, soit ils jouaient une série de coups très moyens montrant qu'ils avaient décroché. C'est une question de connaissance de ses limites. si vous savez que vous avez que la moitié du plein dans le réservoir, vous écourtez la préparation du matin et vous ne démarrez pas comme une Ferrari.Pour augmenter sa résistance, il faut s'entraîner régulièrement.

 

C'est souvent comme cela aux échecs, dès qu'il y a trois ronds à gagner, il y a des forts joueurs pour les prendre et dans cet open, deux crocodiles, un maître et un grand maître me devançaient au classement. Un objectif très raisonnable était donc de finir troisième. Un peu de gloire sans trop forcer et aussi prendre des vacances. A Agen, le seul endroit, un peu ombragé, c'était le long du canal et j'y passais mes journées à jouer les badauds. Cela m'a permis d'observer les plaisanciers. Le canal passait sur un pont enjambant la Garonne et j'ai dû attendre le dernier jour pour voir un bateau naviguer sur ce pont. Dans les zones d'écluses, ils avancent au pas de l'oie.

 

La dernière ronde à 11 h m'inquiétait vaguement. J'avais peur d'une fringale au milieu de la partie et je me voyais mal en train de faire la queue au bar pendant que ma pendule tournait. L'intendance joue son rôle aussi dans les parties d'échecs. Je ne sais pas si mon adversaire avait envie de manger à l'heure, mais il s'est gentiment sabordé à la sortie de l'ouverture, ce qui a réglé le problème.

 

Bauer avait anticipé et avait demandé à ce qu'on achète des compotes. Je ne sais pas s'il avait conseillé une marque particulière. Je ne suis pas dans le secret des dieux. Toujours est-il qu'il avait pris les devants. Mais l'organisation, indolente, n'avait pas suivi. Lorsque Panoramix a demandé des fraises aux romains pour préparer la potion magique, ils se sont exécutés mais là, ils n'y ont pas cru. Ils sont revenus bredouilles, prétextant les magasins fermés à Agen le dimanche matin. Imaginez la frustration de Bauer, grignotant des biscuits secs, tout ce qu'il a pu trouver dans le buffet offert aux joueurs du national et voyant la paire de fous de Bacrot lui détruire sa position. Après sa défaite et tous ses espoirs rincés, dépité, il a lancé aux organisateurs un cinglant : « Merci pour les compotes »

 

Michel SAUCEY

 

A la remise des prix, il n'a pas voulu figurer au pied du podium sur la photo. Ensuite, je l'ai vu partir furibard. C'était lui, le grand perdant de la journée.

 

Maintenant, le débat est lancé sur cette épisode des compotes. Sachant le caractère fugace des prises de décisions aux échecs. Si les compotes avaient été là, Bauer se serait-il senti plus soutenu et aurait t-il tenu son rang?

 

Pour moi, cela c’est passé avant la dernière ronde, Bauer était dans une position fâcheuse.

 

Au début du tournoi, il avait une avance confortable et Fressinet et Bacrot semblaient jouer les touristes. Ils ont tout gardé pour le final. Les tournants du championnat : Bacrot gagnant une partie contre Chabanon à l'usure, comme un joueur d'open en passant dans un trou de souris et Bauer ratant le gain contre Gharamian. Cela l'aurait mis hors de portée. Beaucoup d'émotions dans ce national. Les derniers jours ont dû être une descente aux enfers pour Bauer, avec ou sans compote.

Chez ces champions, la maison échecs est bien tenue, toutes les variantes sont bien rangées, mais ils montrent peu d'intérêt pour la vie quotidienne, ce qui les rend vulnérable lorsqu'ils ne sont pas sur l'échiquier. Pour les amateurs, c'est l'inverse.

 

Le CCAS de Peyrat le Château, août 2017.

Michel Saucey

 

Petit, j'ai fait une seule colonie mais je n'étais pas propre et j'aimais embêter le monde. J'ai du dépasser les bornes et mon animateur m'a dit n'avoir jamais vu un enfant aussi pénible de toute sa carrière. Mon frère était revenu d'un autre séjour enchanté avec un cahier rempli avec les adresses de ses copains. Au contraire, j'ai fait jurer à ma famille qu'on m'y verrait plus. Après cette expérience, arrivé adulte, malgré ma profession d'animateur, je ne me suis pas orienté vers le travail de moniteur de colonie.

 

Le CCAS est très connecté avec les échecs. Il organise chaque année un super festival d'échecs au Cap d'Agde. Il emploie des intervenants spécial échecs dans leurs centres de vacances. C'est comme cela que je me suis retrouvé pendant 15 jours à enseigner les échecs à des enfants de 9/ 11 ans venus de toute la France.

 

Le centre CCAS de Peyrat est dans un magnifique paysage de forêts.

 

Il est proche du lac de Vassivière, le plus beau lac limousin. Le thème du séjour était art et nature.

 

Les échecs sont un art, aussi. Certains joueurs arrivent à trouver les bons coups sans avoir une démarche vraiment rationnelle.

 

J'ai vu tous les enfants de la colonie, il venaient après le petit déjeuner, en matinée et dans l'après midi. Ils ne faisaient pas que des parties, je leur proposais aussi pas mal d'énigmes. Même si il y a des raisonnements à faire, je présente toujours cela sous forme de jeu. Exemple: Un cavalier doit sortir du château mais il ne doit pas se faire manger par les gardes, ni en manger sinon ils donnent l'alerte et donc il faut trouver l'itinéraire de sortie. Un long parcours sur l'échiquier. Ils sont seuls ou en groupe pour chercher.

 

La philosophie du CCAS, c'est de ne pas mettre un enfant en avant par rapport aux autres. Les valeurs mises en avant sont la solidarité, le partage, la bienveillance. La seule fois où j'ai compté les points, c'était lorsque j'ai fait un condi-chess (la pendule à 5 m de l'échiquier) par équipes. Au début de l'activité, j'ai prévenu les enfants que ce coup ci, il faudrait courir. Il y en a un certains nombre qui m'ont dit qu'ils ne voulaient pas courir. Mais quand j'ai fait des équipes, lancé les pendules, les voilà à courir comme des perdus. Cela m'a trop fait rire. C'est comme cela, avec les enfants, il faut cacher l'effort, en faire un jeu.

 

Il y avait une super équipe d'animateurs, de belles personnalités, des personnes très impliquées. Ils travaillaient sans arrêt. Avec les enfants, ils faisaient des travaux de constructions, des sorties dans la nature, des danses, des dessins, des chansons, des lectures. Il est venu des intervenants théâtre, les enfants étaient vraiment gâtés. Le soir, après le coucher des enfants, vers 22 h 30, l'équipe d'animation faisait le bilan de la journée et préparait les activités du lendemain. Je n'avais pas de travail de préparation à faire car de l'animation, j'en fait tout au long de l'année et j'ai un grand réservoir d'idées. En colonie, l'animation se fait en commun, je me suis intégré au groupe et j'ai modulé mes horaires en fonction de leur organisation. Les animateurs ont créé une super ambiance au sein de la colonie. J'ai travaillé sur du velours avec des enfants reposés, aimables, curieux, participatifs. Cela a été une superbe expérience. En plus, j'ai été gentiment accueilli par le personnel, bien nourri. Je ne l'ai pas montré, mais j'ai eu du mal à partir.

 

 

Maintenant, je vais aller au championnat de France, à Agen, un autre monde. Que la fête continue.

 

Juillet 2017... Animateur dans les écoles...

Cours d"échecs

 

Cela a été mon métier pendant longtemps. Les quelques heures d'animation par semaine dans les écoles me servaient de canevas dans mon emploi du temps. Autour je greffais quelques entraînements en clubs, quelques cours particuliers et voilà, l'affaire était faite. Mais dans les écoles, je ne suis jamais arrivé à stabiliser mon emploi : Ils sont toujours en train de faire des réformes. Pourtant cela n'a pas une grande importance, l'animation dans les écoles mais cela change tout le temps. C'est précaire, je passai mon temps à me faire virer. Mes collègues ont le même problème. Des élus locaux braillent que les intervenants coûtent  trop cher. Même stratégie qu' aux échecs: Il faut attaquer les points faibles. Les chasseurs de coût sont passés et nous voilà à la portion congrue. Pourtant, je faisais une heure ici, une autre là pendant les inter-classe ou après la classe et j'étais payé que le temps que je passais avec les enfants.

Du coup, Je me suis plus orienté vers l'entraînement et les cours particuliers sur Skype. C'est plus intéressant et moins humiliant. Je ne suis pas devant une institution aveugle et sourde.

Ce qui a plus la cote, c'est l'enseignement des échecs par les enseignants eux mêmes.C'est comme si un moniteur de ski était nommé après deux après midi de formation, le résultat est plutôt atroce. Au bout de deux jours, la moitié des élèves battent le professeur. C'est  le coté social du jeu d'échecs qui  est mis en avant. Après tout, c'est un jeu de société. Pour toucher le plus grand nombre, c'est une bonne solution et c'est plébiscité par le corps enseignant.  Seulement, avec des maîtres de cet acabit, les enfants vont passer à coté de pas mal des subtilités de ce jeu.      

 

Nontron, un open de père de famille, 11 juin 2017

cours d'échecs

 

Il s'est joué dans une salle du lycée de la ville. Une cinquantaine de participants sont venus chercher leur dose d'adrénaline un jour d'élection : Bravo à son organisateur D.Eschlimann.

 

Je suis comme Travolta, mais dans un autre registre: Un magasinier qui se transforme en roi de la piste de danse le samedi noir. Durant la semaine je rase les murs, mais dimanche, c'est carnaval. Je suis un des mieux classés. Je fais donc partie des notables dans le petit monde des joueurs d'échecs locaux et je veille au respect de l'ordre établi. A Nontron, il a bien eu quelques tentatives de rébellion mais la hiérarchie a été respectée.

Quand je suis favori, le danger c'est la suffisance. Des adversaires que j'ai battu à de nombreuses reprises, j'ai tendance à ne plus les préparer et à penser que je peux leur jouer n'importe quoi. Je me retrouve alors dans des positions impossibles.

 

Mes filles Capucine et Miléna sont venues avec moi, un tournoi en famille. Nous avons échangé quelques souvenirs avec quelques joueurs qui les ont vu évoluer toute petites. Elles n'ont pas perdu la main, après une longue interruption.

 

cours d'échecs

Open de Limoges, mai 2017

Cours d'échecs

 

Un beau petit open, à deux pas de chez moi, une salle spacieuse et bien aérée, une organisation rodée, il ne faut pas bouder son plaisir. A l'échiquier limousin, il y a quelques jeunes qui jouent tout le temps. Ils se sont mis à travailler les échecs et sont en progression. Comme cela faisait plus de 6 mois que je n'avais pas fait de parties lentes, ils m'avaient plus ou moins enterré et n'avaient pas manqué de me le faire savoir.

 

L'opposition était là, en plus Hauchard avait été invité. J'avais peur de passer quatre jours à batailler pour me faire sortir à la fin par le grand maître.

 

A la sixième ronde, le grand maître s'est montré moins belliqueux que prévu, il m'a concédé une nulle sans jouer.

 

Je n'aime pas trop jouer les dernières rondes mais je n'avais pas de marge car j'étais dans le groupe des poursuivants. Nous étions quatre à pouvoir gagner le titre de champion du limousin et autant à pouvoir gagner l'open. Nous étions tous au même point. Ceux qui avaient fait de savants calculs pour éviter des appariements difficiles et ceux qui étaient partis bille en tête. Nous devions gagner la dernière ronde. Hauchard en tête d'un demi point a fait nul tout de suite, histoire d'assurer car il gagnait sûrement au départage. Ma position sur l'échiquier était complexe. Il fallait supporter la tension. Le tournoi se jouait sur cette partie et si je dérapais,  je sortais du palmarès et c'est à peine si on allait me saluer le lendemain. La victoire était la seule alternative. Avec la fatigue accumulée, le stress et malgré l'expérience que j'ai de ces luttes à couteaux tirés, je n'étais pas sûr que mon cerveau ne dysfonctionne pas. Enfin, j'ai gagné cette partie sur un jeu faible de mon adversaire qui a baissé les bras un peu trop vite. Déjà, à l'analyse commune j'ai compris que je n'avais pas vu grand chose mais lorsque j'ai branché la machine, je me suis aperçu que nous avions, ni l'un ni l'autre vu la meilleure suite et l'ordinateur me donnait l'égalité et rien de plus. Donc, beaucoup de chance pour mon 18ème titre de champion du limousin. J'aime encore recevoir ces titres régionaux mais je les collectionne plus pour marquer une continuité avec ma jeunesse où je leur donnais plus d'importance.

 

Toutes les éditions du championnat du limousin n'ont pas eu le même retentissement. Une année, c'était un toute ronde étalé sur toute l'année avec les 8 meilleurs classés du limousin. Nous avions reporté la dernière ronde. Nous étions seulement les deux, un classé 1600 et moi-même au club au centre culturel et les agents techniques passaient en discutant. Mon adversaire, qui avait une position pourrie s'est mis à protester: "Faites moins de bruit, vous ne vous rendez pas compte, nous jouons le championnat du limousin! ". A la fin de la partie, il m'a félicité avec toute la solennité qu'il a pu trouver pour mon nouveau titre mais cela manquait de décorum.

 

Ce site n'est pas pour me faire de l'auto promotion, mais j'ai aussi gagné le championnat de Corrèze de rapide, à Meyssac, début mai.

 

Avant l'arrivée des ordinateurs, on pouvait prétendre être infaillible. Capablanca était surnommé la machine à jouer aux échecs. Dans les annotations des parties de Karpov, il n'y avait pas de fautes. Les informaticiens ont repris ses parties et considèrent qu'il est un des plus faible champion du monde.

 

Celui qui se monte le col parce qu'il joue bien aux échecs, s'il est jeune cela se comprend, mais si cela se prolonge à l'age adulte, c'est plus inquiétant. La machine nous ramène a la dure réalité: Notre jeu est truffé de fautes.

 

Impressions sur Belfort, avril 2017

 

Un championnat de France jeune, pour les entraîneurs, c'est 8 jours dans la salle d'analyse, le matin pour les préparations et l'après midi pour l'analyse des parties. On est noyé dans une marée humaine. C'est bruyant, on suis plus d'une dizaine d'élèves. Ils arrivent tous en même temps. C'est pas toujours très efficace.

C'est comme quand je participe à un marathon 24 h d'échecs. Je me dis toujours, c'est la dernière fois, c'est trop fatiguant et l'année suivante, je reviens.

Quand j'ai regardé la brochure de présentation, j'ai tiqué car on allait tous se retrouver sous le même chapiteau. Bien sur, l'idéal est d'être dans des bâtiments en dur avec des espaces séparés par ligue.

La météo n'a pas été de notre coté et on a subi les frimas d'avril. Du coup, nous avons déserté le chapiteau le matin car la température était trop basse. L'après midi, comme le sol était couvert de graviers, le piétinement des gens emplissait le chapiteau d'une fine poussière blanche. Accumulée avec le froid et le bruit, cela rendait les conditions de travail infectes. J'observais mes collègues. Ils ont la foi: Ils continuaient , sans relâche, à prodiguer leurs conseils.

 

Michel Saucey

 

Sous la pression des parents, la fédération a ouvert grand les portes des qualifications, on bat des records de participation tous les ans. Plus de 1300 participants cette année et l'objectif est de croître encore. Bien sûr, comme entraîneur, j' y retrouve aussi mon compte car je donne plus de cours particuliers.

Aux échecs, l'image de l'enfant, c'est le prodige, Polgar, Bacrot, Fischer... mais ce sont des exceptions.

Comme entraîneur, je me rend compte que les jeunes ont les mêmes problèmes psychologiques que les adultes. En partie, ils sont émotifs, indécis,influençables, froussards. Plus les problèmes d'attention et de mémoire.Le mythe de l'enfance comme un age d'or en prend un sacré coup.

Dans un open, si vous êtes à 2 sur 7, vous vous détendez. Vous allez jouer contre quelque patate et vous ne risquez rien.

Dans ces championnats, cela ne se passe pas ainsi. Comme  il y a une pléthore d'entraîneurs, ils s'occupent de tout le monde. Même à ce niveau, vous pouvez tomber sur des préparations bien ficelées.

Un collègue demandait à un élève d'avoir une approche globale: « Tu as un gros effort de concentration à faire à 14 h. Tout ton emploi du temps de la journée doit être fait pour arriver dans les meilleures conditions possibles pour cet instant là : Aller faire quelques foulées au stade le matin et bien rester concentrer.» Dans les faits, on est souvent loin de çà : Ils sont insouciants.

A l'école, ils sont valorisés. Si l'enfant a fait une bourde mais que le raisonnement est bon, l'exercice est validé. Les échecs s'approchent plus de la réalité. Si vous jouez mal: Vous perdez. Cela donne des crises de larmes. Un enfant doué mais fautif connaîtra de nombreuses défaites. Du coup, les entraîneurs rassurent, encouragent, consolent.

 

Une nouveauté cette année, avec la ligue nouvelle aquitaine, nous avons fait une sorte de colonie d'échecs.

Six entraîneurs, des parents, une quarantaine de jeunes. Tout ce petit monde en communauté pendant une semaine. On a profité de l'expérience de Bernard et de David qui se sont occupés de l'intendance et du programme. Comme les enfants étaient sages, je n'avais plus qu'à suivre le groupe. Cela a été profitable pour tous. Il y a eu plus d'échanges entre les jeunes, les entraîneurs, les parents.

 

Michel SAUCEY

Deux rapides en une semaine: Montbron et Clermont Saint Jacques, 11 et 13 novembre 2016

Michel SAUCEY

      

Faire deux rapides aussi proches, cela m'a rappelé le temps où j'écumais tous les tournois à la chasse aux prix dans un rayon de plus de 200 kms autour de Limoges. Les organisateurs rivalisaient d'ambition pour attirer de beaux plateaux de joueurs.

 

Avec la crise, une mode de l'entre-soi est arrivée, on a fait de petits tournois locaux d'amateurs sans rien ou presque à gagner. Les prix catégories ont sensiblement augmenté. «Il font du social » grinçait le MI Vincent David, lorsqu'il voyait défiler ces prix qui lui rognaient son prix au général. C'était un nos moyens principal de subsistance et il faut bien admettre que cette politique nous a coupé les pattes. J'ai ralenti mes déplacements: Jouer dévore une énergie terrible et le lundi, on est complètement dans le coaltar. Pour jouer gratis, internet est très bien.

 

Un beau circuit de parties rapides perdure en Poitou Charente: Les veinards. Il y a une bonne participation et les spectateurs s'agglutinent autour des premières tables pour suivre les fins de parties.

 

Dernière ronde de Montbron: Je jouais le MI Xavier Bédouin. Il ne devait pas être dans une grande confiance car il venait de perdre contre une de ses élèves. Ce sont des choses qui arrivent quand on a de la conscience professionnelle.

Il aurait pu gagner mon pion f6 et plus tard dans la partie, prendre une qualité et m'écraser complètement mais il a préféré l'avantage d'un pion. «J'ai voulu assurer un solide avantage sans risques» Avec des adversaires de ce calibre, un fois que vous avez vu la mort, en général, il n'y a pas de rémission. Pendant la partie, je n'en revenais pas d'avoir autant de chance. Au échecs, l'opportunisme n'est pas un défaut et je suis arrivé à réaliser la seule idée que j'ai pu avoir dans cette partie: Atteindre la septième rangée avec ma tour et limiter la mobilité du roi. Là, tout content d'avoir sauvé la nulle, j'ai répété les coups par 36.Te7 Rf8 37.Tc7 Re8 1/2.J'ai raté un gain relativement simple.

 

 

J'avais fait une série sur le mat en finale dans la semaine avec mes élèves mais arrivé sur ce cas pratique, je n'ai pas pensé à fermer le réseau avec 36.Fh3!. Joué, ce coup m'aurait rempli d'allégresse car il n'y a rien de meilleur que les parties volées. L'idée principale après 36 Fh3! 36...Td4 37 Te7 Rf8 38 Fd7! force le sacrifice de la tour.

 

Sur la lancée, je suis allé m'imposer au rapide de Clermont deux jours plus tard, mais c'était une petite édition avec 25 participants. On a les victoires qu'on peut.

Le tournoi sur les nuages. Août 2016

Michel SAUCEY

 

Participer à un tournoi vous met toujours sur la sellette. Le favori ne pourra plus arborer son fier regard s'il a connu quelques défaites dans sa compétition. De même, le deuxième série se sentira humilié d'aller s'asseoir sur les dernières tables aux milieu des débutants car il a perdu les premières rondes.

Les conversations des joueurs d'échecs tournent autour de leur performance et ils fouillent les grilles américaines des opens postées sur le net pour suivre les résultats de leurs copains.

 

Pour éviter les blessures de l'amour propre, on peut jouer en ligne. Là, vous pouvez enchaîner les contre performances, caché derrière votre pseudo, mais le regard des autres vous manque. S'il peut vous affliger, il sert aussi de moteur.

Les sites, pour garder leur clientèle, vous font jouer des robots programmés pour perdre quand vous êtes dans une mauvaise série. Ce qui n'existe pas dans le monde réel ou vous pouvez vous enfoncer sans retenue.

 

Je privilégie les petits tournois, où j'ai plus de chances de figurer. Participer à de grands opens, où dans le meilleur des cas je finirais cinquantième en ayant gagné quelques points élos est une perspective qui me motive peu. Cinquante maîtres suent sang et eau pendant une semaine. Ils sont de véritables artistes dans leur domaine mais une dizaine seulement seront dans le palmarès et s'en sortiront. Pour les autres, c'est une semaine perdue. L'important, c'est de participer est une maxime que j'entends beaucoup auprès des enfants qui se trouvent toujours de bonnes excuses. En étant adulte, on est obligé d'être un peu plus réaliste.

 

Souvent, mon niveau de jeu baisse lorsque je joue des forts joueurs. Contre eux, bien sur toute erreur est sanctionnée mais, je ne sais pas, je pars perdant, je suis trop impressionné. Ils jouent rapidement des coups objectivement moyens mais en montrant une grande confiance en eux. Leur attitude sur la table de jeu me perturbe, j'ai des difficultés de concentration et il m'arrive souvent de jouer de vilaines parties lorsque je les affronte. Etre un champion, c'est avoir l'esprit dominateur. C'est pour cela qu'Il est difficile de mener une carrière de joueur d'échecs car il faut garder le moral au beau fixe malgré toutes les petites misères qui vous attendent tout au long de la vie. D'un autre coté, ces maîtres ne sont pas des personnes faciles à vivre car ils ont une trop grande opinion d'eux mêmes. 

 

Jouer aux échecs est avant tout une introspective mais on est aussi tourné vers les autres.

Comme, un ouvrier peut juger un collègue à sa façon d'attaquer un tas de sable avec une pelle, il m'est arrivé, à l'issue d'une partie, de ressentir une certaine sympathie pour mon adversaire : La façon ingénieuse dont il s'est sorti d'un mauvais pas, son courage, sa ténacité. Inversement, d'autres m'ont paru de bien tristes sires, avec qui je m'efforcerai d'éviter tout types de relations. C'est impressionnant comme le roman sans paroles qu'est une partie d'échecs  peut dégager comme informations.

 

J'ai mon circuit de petits opens et Arette en fait partie.Les organisateurs sont sympathiques, ils privilégient l'amateurisme mais c'est un sentiment général en France. L'open se joue à la station, c'est rocailleux,mais on a un beau panorama, on est souvent au dessus des nuages.

Le cru 2016 a vu une bonne participation, certainement due à la proximité du championnat de France à Agen. J'ai perdu une partie rapidement et mon vainqueur a continué à un train d'enfer jusqu'à la fin, ne me laissant aucune chance de le rattraper. J'ai joué des partie marathons.Je suis toujours surpris par la résistance que peuvent m'opposer des joueurs ayant 200 points élos de moins que moi. Même si je m'obligeais à jouer des débuts tranchants, pour conclure vite dans les complications contre des adversaires normalement plus faibles, ma nature reprenait le dessus et le jeu s'orientait vers un long jeu de tranchée. J'étais toujours le dernier à finir.

Michel SAUCEY
Promotion difficile

Espalion, juillet 2016.

 

Lorsque je m'inscris à un open, je me fixe un objectif minimal. J'avais visé la troisième place et un score de 7 sur 9. Avec deux grands maîtres devant, cela ne me laissait pas beaucoup de marge. Mon projet aurait pu capoter avec cette position perdante contre un jeune classé 1600 dès la première ronde.

Michel Saucey

 

 

Ensuite, avec bien sûr quelques péripéties, cela s'est déroulé selon mes plans, sans que je sois vraiment satisfait de ma prestation.

 

L'Aveyron est l'été une terre d'échecs avec le classique open de Saint Affrique et plus encore maintenant avec la naissance d'un second open à Espalion.

L'organisateur est un ancien président fédéral et il s'est fait assister de sa vielle garde. Il connaît les notables locaux et les portes se sont ouvertes pour les joueurs d'échecs.

Le tournoi de blitz, en marge du tournoi a eu lieu dans un café de la ville. Le rapide s'est déroulé à la tour de Masse, une magnifique tour du moyen age. Elle servait de grange à grain pour l'abbaye voisine. Nous avons partagé un repas dans la salle centrale du château. La remise des prix a eu lieu à la mairie.

Saignes, juin 2016

 

C'est un petit rapide de fin de saison. Il a lieu dans une salle des fêtes hors d'âge. La moitié des participants se retrouvent à midi au restaurant dans une ambiance amicale. Un cas de conscience se pose. Faut-il ripailler avec les autres ou se réserver car la transition sera difficile pour passer du convive affable au compétiteur quelques instants plus tard.

Bien qu'on soit au fin fond du Cantal, on y trouve des joueurs aguerris et c'est bien ce que j'avais pressenti, la lutte a été dure toute l'après midi.

 

A la remise des prix, tout le monde se retrouve sur l'estrade et on fait monter les lauréats sur un podium mais cette année, il était abîmé. On est tous reparti avec un morceau de Salers. On sent bien le désir des organisateurs de créer du collectif.

Michel SAUCEY

Open d'Hossegor, mai 2016

Michel Saucey

 

Plein de petits tournois en mai. Celui d' Hossegor en 7 rondes sur 3 jours est plutôt compact.

En partant, j'imaginais pouvoir passer du temps à la plage. Évidement, Je suis resté plutôt à suer sur l'échiquier.

 

Les participants étaient , soit des papys, soit des jeunes revenant des championnats de France. En général, les seconds faisaient souffrir les premiers. Pas de surfeurs: Ils ne doivent pas aimer plus les échecs que les footballeurs.

 

Ils ont beaucoup construit, sur cette cote. J'ai même réussi à me perdre, la nuit, dans mon village de mobil home: Ils sont alignés et se ressemblent tous. L'été, cela doit être une ruche.

Le cadre reste agréable, donnant sur un long weekend, un avant goût des vacances d'été.

 

Je suis arrivé à monter sur le podium, à la même place que la dernière fois, sans montrer une grande qualité de jeu. Dans ce genre de rallye, il faut surtout être tenace.

Gonfreville: Le Championnat de France jeune, avril 2016

ECHECS

 

 

 

Dans ces championnats jeunes qui sont en fait de gros opens par catégories de 90 participants, il faut accéder aux podiums pour sortir de l'anonymat.

 

Et même si on finit dans les trois premiers, à part une courte notoriété, on a pas grand chose à espérer avec des finances fédérales dans le rouge: Un championnat international pour le champion avec un staff technique réduit au minimum. Et encore, cela dépend des catégories.

 

Bien sur, même avec une dixième place, on peut se faire octroyer une bourse avec le titre de meilleur espoir régional.Pour cela, il faut avoir des parents dirigeants dans les comités départementaux ou dans les ligues et cela reste anecdotique.

 

Les joueurs d'échecs professionnels adultes emploient toute leur énergie. On s'assoit à la table avec l'idée de vaincre, même si la lutte doit durer des heures. On frise le pathologique. C'est pour cela que c'est un métier difficile.

 

Dans les petites catégories, c'est toujours un peu délicat de pousser des enfants à ces combats sans merci. Ils sont encore dans le jeu et dés que la tension est trop forte, ils trouvent des échappatoires. Les enfants sont conservateurs et la plupart évitent les confrontations violentes. Ils choisissent des variantes sans risques et attendent la faute de l'adversaire. Le jeu des adolescents se rapproche plus du jeu des adultes.

 

Bien sur, la préparation en amont est importante mais le comportement à la table de jeu compte énormément.

 

Les entraîneurs ont donc un rôle délicat de psychologie.

 

L'organisation

 

Gonfreville est une ville sportive dans la banlieue du Havre. Belles installations sportives, vastes salles de jeu et confortable espace ligue sous chapiteaux pour les entraîneurs. On pouvait aller faire des parties de foot pendant la pause de midi.

 

L'inscription est passée à 50 euros, une forte augmentation pour financer des vigiles. On paie la sécurité.

 

On peut déplorer que les grands jouaient dans une salle sans tribunes et sans accès pour les spectateurs.

 

On était deux entraîneurs pour les 14 participants limousins. On avait fait plusieurs stages du groupe espoir durant l'année, on se connaissait tous. Ses stages ont été profitables et les élèves ont fait de gros progrès tout au long de l'année. Ils font du travail personnel et ils sont passionnés. Je suis satisfait de leur prestation.

 

La matinée, de 10 h à 12h ,on faisait la préparation des adversaires sur les bases de données, des exercices ou des révisions sur les ouvertures. Après leurs parties, les jeunes venaient analyser avec nous. C'est là que cela commençait à être difficile: 1326 participants et Jordi, un salarié fédéral, avait fait des badges à tout le monde. Cela devenait extrêmement bruyant de 16 h à 20 h. Une cour de récréation est plus bruyante qu'un chantier avec marteau piqueur et là on y était. Très difficile d'analyser dans ces conditions.

 

 

Les collègues

 

Les échecs sont en plein essor, comme en témoigne cette énorme participation. J'en ai profité pour faire une petite enquête. Comme toujours, les situations des entraîneurs sont hétérogènes.

 

Les indépendants: Les auto entrepreneurs et ceux qui ont créé leur entreprise profite de la vague et voient leur activité augmenter. Il faut faire du bon travail, ne pas compter ses heures et être très disponible. Il y a une certaine disparité selon les régions et certains vous expliquent avec une certaine suffisance qu'ils sont surbookés et ne bougent pas une oreille à moins de 50 euros de l'heure.

 

 

 

Les salariés de clubs sont plus en difficulté. Les subventions sont en baisse et les parents veulent souvent du tout gratuit. Ils estiment qu'ayant payé leurs impôts, leur effort pour la communauté s'arrête là. C'est donc là qu'on trouve les situations les plus délicates.

 

Beaucoup disent, salariés comme indépendants, qu'ils ne gagnent rien sur ces championnats car les indemnités sont minimes mais c'est un endroit où il faut être pour avoir une continuité sur le travail engagé dans l'année.

 

Bonne année 2016 !

Michel Saucey