Les cours

cours d'échecs

Mes tarifs

24 euros de l'heure pour les cours collectifs.

 

 

Michel Saucey

Les cours en club auprès des jeunes :

cours d'échecs

  

 

L'idéal est d'avoir trois groupes de niveaux: Les débutants (première année). Les intermédiaires (deuxième année) et les confirmés (plus de deux ans).

(J'ai animé une belle école d'échecs avec ce format à Pau Henri IV. )

Le mercredi après midi de 14 h à 18 h. Les enfants passionnés peuvent suivre deux créneaux.

 

Vous avez dans le groupe des confirmés des enfants au dessus de 1500 Elo et le cours devient intéressant. Il faut les faire arriver à un certain niveau sinon à l'adolescence, ils s'éparpillent comme une volée de moineaux. Le succès et la synergie du groupe les font rester. Pour appréhender les finesses du jeu, il faut plusieurs années.

Les parents super cools  laissant papillonner leurs enfants d'une activité à l'autre ont tort. Etre novice en tout n'est pas très plaisant.  

 

 

 

 

Les ateliers d'échecs dans les écoles des quartiers populaires

 

 

D'après la théorie économique, la productivité des employés est meilleure la première heure et décroît au fil de la journée. Les cadres des collectivités territoriales optimisent la masse salariale et des armées d'intervenants sont embauchés dans les écoles à temps partiel quelques heures par semaine, avec des plannings bizarres, un peu comme des caissières de supermarchés.

 

Pour le vacataire, il y a aucune possibilité de dialogue social car il n'a aucun poids devant son employeur, la grosse municipalité et les syndicats n'existe pas pour ce sous personnel. Ils réservent leurs services aux titulaires.

En acceptant des conditions d'emplois détériorés, les précaires effraient le personnel établi, les fonctionnaires. Ils veulent des collègues au même statut qu'eux. C'est un phénomène observé par les sociologues, un pourcentage des employés bien installés sont agressifs envers les travailleurs pauvres.

Les plus faibles brimés par des cégétistes; Ce n'est pas étonnant que les pauvres refusent de voter à gauche.

 

L' animosité peut se montrer de différentes manières: Pas de chaises dans la salle ; Pas de liste d'élèves ; Quelqu'un vient vous engueuler pendant votre cours; L'école ferme pour x raison mais personne ne vous prévient; Le personnel ne vous adresse pas la parole. Vu le nombre d'incidents, c'est forcément voulu.

C'est épuisant mais il reste des personnes ayant une conscience professionnelle, j'allais au fil des années vers les écoles où il n'y avait pas trop de problèmes. 

 

Les directrices d'écoles disent être débordés par les taches administratives  et ne veulent pas se charger des ateliers. Décision prise certainement en accord avec leurs combats syndicaux. C'est très gênant, les intervenants sont dépendants des professeurs,  pour la composition des groupes. Ils connaissent les enfants et peuvent équilibrer les ateliers. Si tous les durs  sont réunis ensemble, l'animateur est mort. 

 

La mairie découpe l'année scolaire en périodes de douze heures, en raison d'un cours par semaine. Une fois qu'ils ont appris le mouvement des pièces et compris le fonctionnement de l'atelier, qu'ils sont autonomes, il faut changer d' élèves.   

 

Le conseil d'école peut décider de changer d'activité soudainement et vous virer pour prendre un danseur brésilien.

En maintenant l'atelier plusieurs années dans une école, les familles connaissent les échecs, envoient les petits frères. D'une année sur l'autre, les enfants sont heureux de revenir. Il faut du temps pour que des relations se mettent en place. Les directrices et les encadrants municipaux peuvent sélectionner une équipe de bons animateurs. Non, les services de la vie scolaire choisissent de suivre leur plan de gestion, le grand bazar et les cartes rebattues chaque année. 

 

Les services des interclasses et temps après la classe sont très souvent réorganisés en profondeur, ce qui accroit le malaise des l'animateurs scolaires. Avec des appellations ronflantes comme aménagement du temps de l'enfant les ateliers ont leu à des heures impossibles, le soir après les cours. 

 

L' animateur est très dépendant de la qualité du personnel enseignant. Son cours se passe bien si les maitresses ont su calmer les tensions entre les élèves dans les classes.

 

Si la direction de l'école crée une ambiance sécurisée dans l'établissement, les enfants sont plus calmes, plus concentrés et enclins à apprendre.

C'est sensible au retour des vacances, c'est la foire et deux jours après, les maitresses ont remis les élèves au travail. 

 

Les échecs  est un jeu de société. Lorsqu'ils jouent, l'observateur voit apparaître dans la classe  les clans, les violences, les exclus , les doués, les meneurs, les élèves en difficulté d'apprentissage, les problèmes d'attention.

   

 

Les élèves peuvent être répartis en catégories. Les tranquilles, les sages qui dérapent de temps en temps et un dernier groupe ingérable qui fait juste de l'opposition.   

 

Il est possible d'être un enseignant imposteur et de jouer la montre. Méthode à suivre : Faire longuement l'appel; Rappeler les règles de discipline; Faire un cours sur une notion simple et la reprendre toute l'heure. Hurler quand un enfant se balance sur sa chaise et à la moindre conversation. Dix minutes avant la sonnerie, faire soigneusement ranger la salle et les pièces dans les boites. Sortir de la classe avec des élèves calmes et bien rangés par deux. Un surveillant thématique  plébiscité par la direction. Il y a un bémol, si l'animateur devient impopulaire et n'a plus le nombre requis d'élèves, il est viré donc c'est délicat d'être sévère.

 

Un soir, j'arrive en avance et j'étends les bruits d'une classe dans une école d'application. La moitié du temps, la maitresse hurle. Beaucoup d'enseignantes garde le masque de la colère imprimé sur le visage.  Ce métier rend autoritaire, cela devient une déformation professionnelle. 

Ma technique est plus de les raisonner, de négocier, de leur laisser organiser leurs activités. En passant après un dresseur de fauve comme cette maitresse, la transition est impossible.

 

Le terrain est difficile. Il y a différentes classes sociales chez les étrangers dans les quartiers populaires. Les sans papiers, ceux qui ont les papiers et touchent les minimas sociaux, ceux qui ont les papiers et un emploi. Tout un tas de drames se jouent dans ces milieux miséreux et les enfants sont en première ligne. Les gens ont la manie de se classer et ils se snobent entre ces différentes catégories.

 

Un enfant d'une famille de sans papiers a une vie difficile mais si à l'école,

sa maitresse est une méchante mégère, il a peu de chance de se développer. 

 

Dans les quartiers, les plus insolents sont violents et grossiers mais la plupart des enfants sont calmes. Comme chante Sting, "les russes aiment aussi leur enfants". Le tempo est plus lent, les enfants attachants et moins demandeurs. C'est plus tranquille d'être avec eux qu'avec les enfants du centre ville.  Si le niveau général est plus faible qu'en ville, il y a des enfants intelligents et bien éduqués issus de familles aisées qui ont subi des revers de fortune. 

  

Pas de cours au tableau. Les enfants n' écoutent pas. Ils regardent, j'ai l'impression qu'ils ont compris, mais lorsque je les interroge, aucune trace de ce que je viens d'expliquer. Ils ont des stratégies de simulations. Le travail avec des fiches, en individuel est plus productif. Rarement en collectif ou avec de petits groupes.

 

Il n'y a pas d'égalité. Beaucoup ont des problèmes de concentration. Un enfant cherche la solution d'un exercice pendant deux minutes et ne veut plus rien faire, considérant ayant avoir produit un effort suffisant. Il faut le motiver, changer d'activité car il se lasse vite. Dans la même classe, des enfants sont capables de résoudre des énigmes complexes et de rester concentrés une heure et d'autres, sans volonté, pour qui il faut un an pour arriver à faire des raisonnements simples. Les écarts niveaux sont énormes et cela dès la maternelle.

  

En de rares moments, même les plus retors peuvent montrer un désir d'apprendre et être reconnaissants quand l'enseignant fait des efforts pour arriver à leur niveau.

  

Parfois des enfants refusent de jouer avec les autres; Souvent par peur de perdre. Des exercices solitaires ne peuvent pas les occuper toute l'heure.  Au premier je racontais en aparté que je lui avais trouvé un adversaire qui n'avait jamais gagné une partie, qu'il savait à peine bouger les pièces, qu'avec lui, la victoire était assurée. J'allais voir le second élève et je faisais le même discours, j'arrivais ainsi à les faire jouer ensemble.

  

Un tableau ordinaire:  Les joueurs sont appariés par niveau, en respectant les désirs de chacun, quelquefois après pas mal de palabres. Les deux plus terribles jouent et je reste près d'eux; Quelques enfants tranquilles sont occupés avec des fiches. Tout d'un coup, plusieurs querelles éclatent  et je suis débordé. Le son monte. Repli sur la ligne rouge : Pas de jets de pièces ni de grossièretés. Si quelqu'un passe dans le couloir, je vais encore être mal vu. 

 

  Les professeurs proches de la retraite sont très esquintés. Un soir, je vais voir la directrice pour me plaindre des élèves après un atelier mortel. Les pièces ont volé par la fenêtre. Elle pleure. Ce sont les élèves de sa classe, elle a supporté le chahut toute la journée.

Une heure d'atelier me donne la migraine, je n'ai jamais pu m'en défaire malgré mes efforts pour aborder les cours avec calme. Douze casseroles sur le feu, une sollicitation constante.  

Une météo changeante. Je pars à l'école déprimé en pensant retrouver leurs gnangnans, leurs caprices et toutes leurs histoires puériles et le cours se passe bien.  

 

 

Michel SAUCEY

Les animateurs périscolaires sont conviés à une réunion d'information à la mairie de Limoges. J'ai la sensation d'être dans dans la file d'attente du secours populaire. Des looks pauvres. Des filles avec leur bébés. Ces jeunes font partie du quart monde. Il doit y avoir des camés dans le lot.

 

 

Devant notre assemblée misérable, le conseiller municipal socialiste entame un discours un discours sur le thème :

 

" Vous ne faites pas ce métier pour l'argent mais par passion".

Cet élu a des passions terrestres et vit dans une confortable maison dans les faubourgs chics et ses gosses ne mettent pas les pieds dans les écoles délabrées des quartiers. 

 

 


 

Les gens qui s'occupent de votre argent sont bien payés, pas ceux qui gardent  vos enfants. 

 

L'école ouverte aux personnes de bonne volonté. Les jeunes en difficulté d'insertion, les mères de famille, les retraités en manque de vie sociale: Un concept issu des assemblées participatives socialistes difficile à appliquer sur le terrain. Les enfants sont accommodants, ils aiment les nouvelles têtes mais le métier nécessite de la sécurité, des compétences et de la continuité.

 

 " Les animateurs ratent leur bus et ne me préviennent pas. " dit la directrice avec l'intonation d'une duchesse se plaignant de la qualité de ses femmes de chambre. 

 

Il y a une grande inégalité entre les écoles de quartier et les proches écoles élémentaires des villes pavillonnaires. Cinq kilomètres et le monde change. Les bâtiments, les équipements, d'un coté datent des années soixante; Tout bétonné, longs couloirs froids, peintures bon marché défraichies. De l'autre, des matériaux dernière génération, de jolies décorations. Ces quartiers, une colonie de l'intérieur. Une population de laisser pour compte. Le décalage est flagrant. 

 

 

 

Jeune, j'assiste à une réunion d'animateurs au centre culturel. Les intervenantes âgées se plaignent de voir leurs nombre d'heures diminuer. C'est une méthode de gestion. Pour vous faire disparaître, chaque année, un peu moins d'heures. 

J'ai voté la grève mais je suis minoritaire. Qu'est ce qu'un centre culturel sans ses animateurs vacataires? Une coquille vide. Les jeunes et les femmes sont les principaux pourvoyeurs des métiers de l'animation. Des catégories sociales dominées. Il n'y a pas de mouvements collectifs de revendication. Dans cette société de la guerre de tous contre tous et où les autres métiers défendent leurs intérêts corporatifs, c'est rude. 

 

   

Les gens enfermés à vie dans une structure avec un mauvais chef ne sont pas enviables. Travailler à temps partiel me laisse du temps libre pour étudier le jeu d'échecs.

 

 

  


Les cours particuliers

 

Qu'est ce qui fait courir les joueurs d'opens ? 

 

Gagner une partie d'échecs. Cela leur procure des plaisirs inégalés.

 

Je viens de remporter un tournoi. Je marche sur l'eau. Un camé dans la rue me jette un regard complice, croyant que je suis shooté. Sans produits illicites, j'arrive à des moments de joie incomparables. Bien sur, l'euphorie ne dure pas et si je gagne souvent, cela ne me fait plus rien et je dois remporter des évènements plus prestigieux pour ressentir quelque chose. Il n'y a pas de recette miracle.

L'entrainement prime et rien de mieux que des rendez vous fréquents avec un spécialiste aimable pour réparer les trous de votre répertoire, vous encourager et vous motiver à l'étude. Prendre le temps d'analyser une position et détailler les raisonnements qui mènent aux meilleurs coups.

 

Des gens, passés au club, m'avaient avoué n'avoir jamais joué avec un être humain. Ils avaient appris les échecs sur leur téléphone. Ils sont repartis. Ils préfèrent le monde virtuel.

Les robots nous fidélisent ; Ils sont  disponibles. Ils nous encouragent à chaque petit pas en avant. Ils nous donnent un classement au dessus de votre valeur. Ils nous laissent gagner contre des adversaires fictifs. Nous avons sur l'écran toujours plusieurs propositions et nous pouvons zapper dès que nous sommes confrontés à une difficulté. Nous disposons de vidéos faites par de super grands maitres mais les leçons s'adressent à un public vaste, le niveau n'est pas adapté.

La machine nous propose des jeux de vitesse qui ont plus affaire avec de la dextérité qu'avec de la réflexion. Elle veut nous garder avec elle.   

 

N'interagir qu'avec des automates laisse dans le néant. L'intelligence artificielle annonce les meilleurs coups avec des évaluations. Elle n'explique pas encore comment  les trouver. 

 

 

 

Peu d'élèves suivent des cours particuliers dans la région. Les limousins ont peu l'esprit de compétition et pensent le jeu d'échecs comme un loisir. Dans la capitale régionale, Limoges, il n'y a pas plus de cinquante personnes intéressées par les échecs. Sur les statistiques du club, il peut y avoir plus de licenciés mais c'est artificiel. Les élèves sont licenciés lorsqu'ils participent à une rencontre académique. Des licences à cinq euros, cela permet de réclamer des aides.

La plupart des joueurs d'échecs s'inscrivent au club surtout pour trouver un lien social. Comme ces gens qui promènent leur chien avec l'espoir d'entrer en contact avec d'autres propriétaires d'animaux. Comme formateur, cette superficialité est irritante. 

 

Les subventions servent à faire des tours en voiture et des repas entre amateurs. Il n'y a pas de marché pour un entraineur dans cet environnement. Au plus quelques heures pour des animateurs.

Trop d'enfants font les pitres dans les cours collectifs. Ils gardent les mauvaises habitudes prises dans leurs collèges. et  s'intéressent qu'à interagir avec leurs camarades. Le rendement est faible. Les effectifs jeunes sont clairsemés. Il n'y a pas d'adversité; Ils sont champions régionaux sans efforts.

Les entrainements adultes, c'est le grand vide. 

 

Devant les résultats affligeants d'un gamin aux championnats, j'avais proposé des cours particuliers. Sa mère s'était mise en colère: « Non, dans ce cas là, je préfère qu'il arrête l'activité! ».

 

Dans des régions plus compétitives, les clubs prennent en charge les cours particuliers de leurs éléments les plus prometteurs.

En limousin, les présidents de club y sont réticents. D'où des écarts de niveau patents avec les autres régions.

Internet rend le monde accessible et je ne suis pas dépendant des petits potentats locaux . 

  

Une élève limousine avait fait sa généalogie, espérant trouver une lignée prestigieuse. Elle s'était plainte : "Que des bouviers ! Aussi loin que j'ai pu remonter! ". Elle était chic dans son tailleur serré mais sa physionomie ne trompait pas : Trapue, un peu courte sur pattes et un gros nez. Tout à fait adaptée pour courir derrière les bestiaux.

 

Ne blâmons pas les avec les limousins. Dans les écoles privées, je ne manquais pas d'élèves. Dans les quartiers aussi même s'il est difficile de les faire sortir de leur cité. C'est plutôt la mauvaise qualité des dirigeants des clubs qui font fuir les parents. Des successions de tournois mal organisés. Des présidents népotiques, des querelles constantes entre des clubs gérés comme des citadelles ; Des cours mal ficelés par des amateurs avec des interruptions. Au bout de quelques années de ce régime, les meilleures volontés se lassent. Beaucoup de turn-over chez les jeunes, seuls restent les fils de dirigeants. 

 

L'entraînement d'équipes

La plupart des joueurs ne s'entrainent pas. Ils ne sont pas motivés par l'étude, se sentent dépassés devant  l'immensité de la tache et essaient de se maintenir en pratiquant. Ils sont fainéants et jouisseurs et trompent leur ennui avec les émotions liées au jeu. Les adultes ont une approche du jeu très proche de celle des enfants.

Leur vie échiquéenne est une suite d'humiliations. Après leurs défaites, les gars se mettent en colère mais ne font rien pour améliorer leurs résultats.

 

Après vingt ans de pratique, ils sont encore comme des poules devant un couteau au troisième coup de l'ouverture. 

 

En suivant un entrainement collectif au club, vous apprenez une méthodologie, des techniques de travail.

Des séances de deux heures sur de longs mois sont nécessaires pour espérer des progrès si vous n'avez pas un métier prenant ou une famille étouffante. Ce jeu demande de la disponibilité.

 

En analysant des positions en groupe, vous comparez votre niveau d'analyse avec celui de vos camarades. Des joueurs de petite catégorie montrent des capacités surprenantes. Le classement n'est pas juste le reflet de la force brute d'analyse. Les performances dépendent d'autres facteurs : La gestion du temps de réflexion, les prises de risque, l'émotivité, le choix des ouvertures, la résistance, les connaissances. 

 

Faire des cours aux adultes est délicat: il faut ménager les susceptibilités. Autant les jeunes, habitués à l'école, acceptent les jugements négatifs et l'autorité des maitres. Autant les adultes n'aiment voir leurs erreurs pointées. Ils sont souvent très fragiles. 

 

Les ateliers d'échecs en écoles privées


Les écoles publiques sont des entités administratives ouvertes à tous et les écoles privées des entreprises.

 

Un métier au coeur de la société. Les enfants sont des livres ouverts, ils répètent les phrases entendues chez eux et expriment sans détours leurs préoccupations. Leur apprendre les bases du jeu n'a pas un grand intérêt et les écouter me fait passer le temps.

 

Dans l'école privée limousine, les gosses se trimballent avec un permis à point et lorsque le quota dépasse, la porte se profile. Les directrices sont toujours sur le pont. Elle veulent imposer la discipline et sortent de leur bureau rouges de colère après les entretiens avec les élèves récalcitrants ou avec les parents revendicatifs.

  

Les écoles publiques centrales sont désertées par les familles. Les enfants sont envoyés dans les écoles privées ou dans les écoles publiques des petites villes pavillonnaires environnantes. C'est compartimenté, les ghettos de riches dans les écoles privées, les classes moyennes dans les écoles des villes pavillonnaires et les étrangers et les pauvres dans les écoles de banlieue.

Tu commences dans une catégorie sociale et des barrières invisibles t'empêchent d'en changer.

 

Les écoles privées sont prises d'assaut. Les riches y sont mais tous ceux qui ont trois sous devant eux veulent en être. Même des employés municipaux y inscrivent leurs gamins. Les classes sont surchargées, le moindre espace est investi pour y installer un élève.


Les riches font des efforts pour l'obtention de diplômes de leurs gosses. C'est la clé pour perpétuer la domination sociale. Ils les inscrivent dans les ateliers d'échecs. Leurs enfants s'expriment bien et ont de l'humour. Les mères catholiques dévouées et leurs ribambelles de gosses trainent dans la cour à la sortie des classes. Elles s'ennuient mais leurs gamins sont heureux. La religion, c'est bien pour les enfants, le Christ qui marche sur l'eau, la petite voix de la conscience chrétienne te dit de faire le bien. Le diable te conseille de faire des bêtises. La famille unie. Arrivé à l'âge adulte, la vie se gâte avec tous les interdits religieux.

Les enfants sont en général aimables; Cela ce comprend, ils ne vont pas renverser la table. Ils sont privilégiés, les vacances au bord de la mer en toute saison. A huit ans, ils ont parcouru la planète. S'ils sont privilégiés, il n'y a pas de mépris social chez les petits. Du moins, je ne l'ai pas perçu.

 

L'enfant essaie de recréer l'ambiance familiale à l'école et moi, pauvre animateur d'échecs, je dois affronter leur agressivité. Que vivent ils chez eux pour se mettre dans des états pareils? Les parents sont  occupés professionnellement et les enfants sont délaissés. 

Les gamins veulent le chaos et l'institution veut l'ordre. Pas le droit de les frapper, de les punir sévèrement, de menacer. Si j'en exclus un, je perds le chèque correspondant. 

Je travaille dans des locaux pas terribles ou dans des salles de classes. Les casiers tombent, je gêne les maîtresses.

J'ai mal à la tête à la sortie des cours. Tous ces gosses exigeants et agités m'épuisent.   

 

Ils ont accru la sécurité. Ils ont installé des caméras à l'entrée des écoles. Les entrées et sorties sont notées. La société penche à droite, l'école privée aussi. Le vote rassemblement national est important dans la communauté catholique. Le repli sur soi communautaire est sensible, les regards méfiants. Je suis viré sans explications.

Il y a une contradiction, ils veulent le salut au drapeau, l'église, la famille unie, l'ordre et la discipline pour le pays. Pour eux, la fête sans interruption, aucune restriction, les divorces, les familles recomposées. Pas besoin de poser de questions pour voir que nombre d'enfants que je garde sont tourmentés et n'ont pas de repères. 

 

Des gamins jouent aux royalistes contre les républicains dans la cour. J'ai dit à un enfant que les royalistes, cela n'existe plus. Il m'a répondu en souriant: « Mon père a plein d'amis royalistes». Mince alors, un directeur administratif. 

  

Cette expérience dans les écoles privées a pour moi des aspects positifs. Les enseignantes répètent aux enfants les principes moraux et cela a un effet bénéfique. Je n'ai pas vu de violence physique et les enfants handicapés sont intégrés.

J'ai les mêmes élèves durant plusieurs années; Pas de cours séquencés comme dans le public. Je suis mieux payé mais je ne gagne pas des fortunes.

 

Les maîtresses sont marquées par la fatigue. Elles ont de petits salaires et travaillent beaucoup. Dans l'interclasse, elles font travailler les élèves en difficulté.

 

La tendance est conservatrice: Une maîtresse fait l'éloge d'un élève devant ses camarades. Pour un exposé sur les travaux publics, sa mère a acheté pour des centaines d'euros de gros jouets métalliques : Des grues, des camions, des bulldozers sur toutes les étagères de la classe. C'est un étalage ostentatoire mais cela a beaucoup plu à l'enseignante.

 

La professeure de la salle attenante débarque dans mon cours, fâchée. Un élève s'est mis en mode suicide et en parle haut et fort. Dans des positions qu'il décrète perdante, il donne toutes ses pièces pour abréger la partie. Il n'est pas heureux et c'est sa façon de s'exprimer. L'institutrice le regarde avec de gros yeux. Le gamin a quitté l'atelier et je l'ai jamais revu. Dans la religion, le suicide est un sujet tabou.

C'est une bonne maîtresse, elle rassure les petits avec ses lignes directrices claires et bien établies. Un autre jour, j'ai sa classe mais les enfants ont changé de comportement, ils sont agités, je n'arrive rien à en faire. Elle est en congé et sa remplaçante n'a pas sa qualité.

 

 


cours d'échecs

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