Les cours

cours d'échecs

Mes tarifs

24 euros de l'heure pour les cours collectifs.

 

 

Michel Saucey

Les cours en club auprès des jeunes :

cours d'échecs

  

 

L'idéal est d'avoir trois groupes de niveaux: Les débutants (première année). Les intermédiaires (deuxième année) et les confirmés (plus de deux ans).

(J'ai animé une belle école d'échecs avec ce format à Pau Henri IV. )

Le mercredi après midi de 14 h à 18 h. Les enfants passionnés peuvent suivre deux créneaux.

 

Vous avez dans le groupe des confirmés des enfants au dessus de 1500 Elo et le cours devient intéressant. Il faut les faire arriver à un certain niveau sinon à l'adolescence, ils s'éparpillent comme une volée de moineaux. Le succès et la synergie du groupe les font rester. Pour appréhender les finesses du jeu, il faut plusieurs années.

Les parents super cools  laissant papillonner leurs enfants d'une activité à l'autre ont tort. Etre novice en tout n'est pas très plaisant.  

 

 

 

 

Les ateliers d'échecs dans les écoles publiques

 

L' animateur est la pièce rapportée au carrosse. Il est très dépendant de la qualité du personnel enseignant. Son cours se passe bien si les maitresses (le personnel est très féminisée dans les écoles) ont su calmer les tensions entre les élèves dans les classes.

Les enfants sont des éponges et si la direction de l'école avait créé une ambiance sécurisée dans l'établissement, je le perçevais , les enfants étaient calmes, concentrés, prêts à apprendre.

 C'était sensible au retour des vacances ; C'était la foire et deux jours après, les maitresses avaient remis les élèves au travail. 

 

 

En les regardant jouer aux échecs, je m'apercevais tout de suite s'il y avait des clans, de la violence, si un élève était rejeté par les autres, s'il y avait des leaders. Je relevais les élèves en difficulté d'apprentissage, les problèmes d'attention, les enfants doués.

 

 

Beaucoup d'inertie dans l'éducation nationale. Au moindre projet de réforme, les lycéens sont dans la rue et le gouvernement vacille. Les enseignants aiment faire grève le jeudi, des grèves perlées. J'avais un atelier le jeudi, il m'arrivait de ne pas voir mes élèves pendant deux mois.   

 

Nos élèves les plus faibles ont les moins bons résultats européens mais le corps enseignant ne veux rien changer.

Dans l'impossibilité d'agir, le ministère voulaient envoyer les animateurs dans le temps scolaire mais les syndicats s'y sont opposés. Les maitresses manifestaient " Nous ne donnerons pas nos classes !" devant le rectorat. Grande reculade et l'année suivante, c'était le retour aux horaires tardifs. 

  

Dans les municipalités, les agents titulaires sont inamovibles et les syndicats puissants. Les directeurs de services se font aussi la main sur les vacataires.

 

A la croisée des chemins, l'animateur périscolaire se voit appliquer de nouvelles réformes territoriales ou nationales chaque année.

 

Le corps enseignant est corporatiste et a ses dogmes : Il ne faut pas toucher aux six heures de cours journaliers. Dans le temps scolaire, seuls les professeurs d'école doivent pouvoir interagir avec les enfants et ils ne veulent pas être remplacé par des gens du privé ou des précaires . Ils sont à cran sur leur statut et sur "La défense du service public".

 

Quand les vacataires arrivent dans les écoles, ils sont invisibles. Les enseignants restent entre eux.

Tellement de monde passe : Les emplois aidés, les employés de la mairie pour les études et pour les garderies. C'est une institution hiérarchisée. La domination par le diplôme. Ils ont réussi à l'école, ils ont droit de faire grève et de revendiquer. 

 

Si une directive venait du rectorat, les enseignants accepteraient de suivre des formations d'animateurs d'échecs. J'ai assisté à des cours animé par un débutant, le meilleur joueur de la classe devenait le référentiel. Ca ressemblait plutôt à du bouffe tout mais le jeu d'échecs créait du lien entre les élèves et chassait l'ennui.   

 

Avec des appellations changeantes comme: " Aménagement du temps de l'enfant", je travaillais à des heures où les enfants ne sont pas du tout réceptifs, après les classes.

 

Aux heures où avaient lieu les ateliers, j'avais vingt cinq pour cent d'enfants sages, cinquante pour cent d'enfants sages la plupart du temps mais qui pouvaient déraper et vingt cinq pour cent qui ne voulaient pas travailler et avaient un comportement impossible.  J'évaluais rapidement mes élèves et je surveillais les éléments difficiles. Plus l'horaire est avancé dans la soirée, plus les enfants sont instables.

 

J'aurais pu faire semblant d'enseigner: J'aurais  fait longuement l'appel; J'aurais rappelé les règles de disciplines; J'aurais fait un cours sur une notion simple et je l'aurais repris toute l'heure. J'aurais hurlé quand un enfant se balançait sur sa chaise et à la moindre conversation. Dix minutes avant la sonnerie, j'aurais fait soigneusement ranger la salle et les pièces dans les boites. Je serais sorti de la classe avec des élèves calmes et bien rangés par deux. Je serais devenu un surveillant thématique mais je serais plébiscité par la direction. La mode est au retour à l'ordre mais les parents les laissent faire ce qu'ils veulent à la maison.

Ce ne serait pas gagné pour autant, mon régime n'aurait pas plu et j'aurais perdu des élèves en cours d'année. Je serais impopulaire et mon atelier aurait disparu.

 

J'étais arrivé en avance et j'écoutais les bruits d'une classe dans une école d'application. La moitié du temps, la maitresse hurlait. Beaucoup d'enseignantes avaient le masque de la colère imprimé sur le visage. En vieillissant, il m'arrivait de crier, ce métier me portait vers l'ordre, les enfants acceptaient l'autorité mais jamais je ne me mettais en colère. Je ne voulais pas avoir de mots blessants.

Mon atelier était bruyant et désorganisé, elle était venu me voir et m'avait dit avec agressivité. "Vous ne les tenez pas !" .

En cours, j'essayais de les raisonner, de négocier avec eux, d'obtenir leur approbation. Je les laissais organiser leur activités. Si je passais après un dresseur de fauve comme cette maitresse, la transition était impossible.

Même avec un groupe pénible, crier tout le temps ne pouvait pas être la solution.

 

Le terrain est difficile. Il y a trois classes sociales chez les étrangers dans les quartiers populaires. Les sans papiers, ceux qui ont les papiers et ont droit aux minimas sociaux, ceux qui ont les papiers et ont un emploi. Tout un tas de drames se jouent dans ces milieux miséreux et les enfants sont en première ligne. Les gens ont la manie de se classer et ils se snobent entre ces différentes catégories.

 

Un enfant d'une famille de sans papiers a une vie difficile chez lui mais si à l'école,

sa maitresse est une méchante mégère, il a peu d'endroit pour se développer. 

 

Dans les quartiers, les plus durs étaient très violents et très grossiers mais la plupart des enfants étaient calmes. Comme chantaient Sting, "les russes aiment aussi leur enfants". Le tempo était plus lent, les enfants attachants et moins demandeurs. J'étais moins stressé avec eux qu'avec les enfants du centre ville.  Si le niveau général était plus faible qu'en ville, il y avait des enfants intelligents et bien éduqués issus de familles aisées qui avaient subi des revers de fortune. 

  

Je ne faisais pas de cours au tableau. Les enfants n' écoutaient pas. Ils regardaient, j'avais l'impression qu'ils avaient compris, mais lorsque je les interrogeais, aucune trace de ce que je venais d'expliquer. Ils avaient de nombreuses stratégies de simulations.  Je travaillais avec des fiches, en individuel. Rarement en collectif ou avec de petits groupes.

 

Les élèves n'étaient pas à égalité. Beaucoup avaient des problèmes de concentration. Un enfant cherchait la solution d'un exercice pendant deux minutes et ne voulait plus rien faire, considérant ayant avoir produit un effort suffisant. Il fallait toujours les motiver, changer d'activités car ils se lassaient vite. Dans la même classe, j'avais des enfants capables de résoudre des énigmes complexes et de rester concentrés une heure et d'autres, sans volonté, pour qui il faudrait un an pour arriver à faire des raisonnements simples.

  

Je sentais qu'ils voulaient apprendre et étaient reconnaissants quand je m'adaptais à leur niveau et faisais des efforts pour expliquer.

  

Des enfants  ne voulaient pas jouer avec les autres ; Souvent par peur de perdre. Je leur proposais des exercices, des jeux solitaires mais je n'étais pas satisfait. J'allais donc voir le premier en lui disant en aparté que je lui avais trouvé un adversaire qui n'avait jamais gagné une partie, qu'il savait à peine bouger les pièces, qu'avec lui, la victoire était assurée. J'allais voir le second élève qui posais le même problème et je lui faisais le même discours, j'arrivais ainsi à les faire jouer ensemble.

  

Une situation ordinaire: J'avais apparié les joueurs par niveau, en essayant de respecter les désirs de chacun, quelquefois après pas mal de négociations. J'avais regroupé les deux plus terribles et je jouais avec eux, j'avais quelques enfants tranquilles occupés avec des fiches. J'avais trouvé une activité à tout le monde et tout d'un coup, plusieurs querelles éclataient en même temps et j'étais débordé. Le son montait, je ne contrôlais plus. Je me repliais sur la ligne rouge : Pas de violences ni de grossièretés. Si un enseignant passait dans le couloir, j'allais encore être mal vu. J'essayais juste de leur apprendre à jouer ensemble.

 

 

L'enseignement est un métier éprouvant. Les professeurs proches de la retraite sont très esquintés. Un soir, j'étais allé voir la directrice pour me plaindre des élèves après un atelier mortel. Ils jetaient les pièces par la fenêtre. Elle pleurait. C'était les élèves de sa classe, elle avait supporté le chahut toute la journée.

Une heure d'atelier me donnait la migraine, je n'ai jamais pu m'en défaire malgré mes efforts pour aborder les cours avec calme. C'était comme si j'avais douze casseroles sur le feu, j'étais toujours sollicité. Les enfants débordaient d'énergie, il fallait les surveiller, il était impossible de relâcher mon attention. 

Une météo changeante. Je partais à l'école déprimé en pensant qu'ils allaient m'énerver avec leurs gnangnans, leurs caprices et toutes leurs histoires puériles et j'avais des enfants aimables et attentifs.  

 

 

Michel SAUCEY

Les animateurs périscolaires étaient conviés à une réunion d'information à la mairie de Limoges. J'avais la sensation d'être dans dans la file d'attente du secours populaire. Mes collègues avaient des looks pauvres. Des filles avec leur bébés. Ces jeunes faisait partie du quart monde. A force de mauvais traitements, cette profession d'animateur s'était marginalisée.

L'école ouverte aux personnes de bonne volonté. Les jeunes en difficulté d'insertion, les mères de famille, les retraités en mal de vie sociale : Un concept issu des assemblées participatives socialistes difficile à appliquer sur le terrain. Les enfants étaient accommodants , ils aimaient les nouvelles têtes mais il valait mieux prendre des professionnels.

Le métier nécessite une certaine sécurité, des compétences et de la continuité.

 " Les animateurs ratent leur bus et ne me préviennent pas " disait la directrice avec l'intonation d'une bourgeoise se plaignant de la qualité de ses domestiques. 

Les gars faisaient une recherche d'emploi à la mairie et se retrouvaient avec deux heures de vacation par semaine sans possibilité d'évoluer; Une situation intenable. La mairie tirait avantage du chômage de masse des jeunes pour proposer du sous emploi.

 

Devant notre assemblée misérable, le conseiller municipal socialiste avait entamé un discours un discours sur le thème :

 

 

" Vous ne faites pas ce métier pour l'argent mais par passion".


Cet élu avait des passions plus terrestres et vivait dans une confortable maison dans les faubourgs chics et ses gosses ne mettraient jamais mis les pieds dans les écoles délabrées. 

Les pauvres ne votent pas, tous ces élus limougeauds préfèrent draguer le club sportif de foot ou de basket et investir dans leurs équipements plutôt que de faire des travaux dans les écoles. 

Il y a une grande inégalité entre les écoles de quartier et les proches écoles élémentaires des villes pavillonnaires. Cinq kilomètres et je changeais de monde. Les bâtiments, les équipements, d'un coté datent des années soixante; Tout bétonné, longs couloirs froids. De l'autre des matériaux dernière génération, de jolies décorations. Ces quartiers, une colonie de l'intérieur. Une population de laisser pour compte. Il faut visiter les écoles pour voir ce décalage. 

 

Les directrices d'écoles disaient être débordés par les taches administratives et je n'avais pas d'interlocuteur dans l'école. Pourtant, j'étais dépendant des professeurs, ne serait ce qu'à la composition des groupes. Ils connaissaient les enfants et pouvaient équilibrer ma classe. Si j' avais tous les durs de l'école ensemble dans mon atelier, j'étais mort. Je priais pour avoir de bons éléments.

Pour les ateliers, l'année scolaire était séparée en périodes de douze heures, en raison d'un cours par semaine. Une fois qu'ils avaient appris le mouvement des pièces et compris le fonctionnement de l'atelier, qu'ils étaient autonomes, je devais changer d' élèves.

   

 

 C'était instable, le conseil d'école pouvait décider, même si l'atelier fonctionnait bien et sans m'en faire part, que cela serait amusant de passer à la danse brésilienne. Pourtant, si je restais plusieurs années dans une école, les familles me connaissaient, m'envoyaient le petit frère. Ils jouaient en famille. D'une année sur l'autre, les enfants étaient heureux de me retrouver. Il faut du temps pour que des relations se mettent en place. Les directrices et les encadrants municipaux pouvaient garder une équipe de bons animateurs. Non, ils préféraient le grand bazar et rebattre les cartes chaque année.. 

   

A la fin, je n'avais que deux heures de vacation et mes conditions de travail se dégradaient avec des encadrants municipaux peu respectueux. Avec ma paie de la mairie, je faisais un plein d'essence. Vingt ans de services à la mairie pour en arriver là. J'ai arrêté les écoles. Frustrant, fatigant, hiérarchisé. Pas de respect pour mon travail, une précarité voulue, des horaires impossibles. Pas de rentabilité car il fallait se déplacer pour une heure. Beaucoup de responsabilités. 

 

Les difficultés de la profession ne datent pas d'aujourd'hui. Jeune, j'avais assisté à une réunion d'animateurs au centre culturel et les intervenantes âgées se plaignaient  de voir leurs nombre d'heures diminuer. C'est une méthode de gestion. Pour vous faire disparaître, chaque année, un peu moins d'heures. 

 J'avais voté pour la grève mais j'étais minoritaire. Qu'est ce qu'un centre culturel sans ses animateurs vacataires?  Une coquille vide. Les jeunes et les femmes sont les principaux pourvoyeurs des métiers de l'animation. Des catégories sociales dominées. Il n'y a pas de mouvements collectifs de revendication dans ce métier. Dans cette société de la guerre de tous contre tous et où les autres métiers défendent leurs intérêts corporatifs, c'est un handicap. 

Dans une institution comme l'école, j'étais dans la grande broyeuse. Les personnels ayant un statut supérieur au mien, c'est à dire tous, se sentaient obligés de me marquer leur condescendance. La valeur d'une personne dépendait de son grade.

 

Ne vous lancez dans cette activité si vous avez une psychologie fragile.

   

La précarité avait ses avantages. Pierre qui roule n'amasse pas mousse. Quand je voyais la tête des gens enfermés à vie dans une structure avec un mauvais chef, je ne les enviais pas. 

Je préférais travailler avec des personnes qui m'appréciaient. Au moindre mouvement de sourcil de la directrice, j'étais viré;  C'était stressant mais cela avait de bons cotés. Cela ressemblait  à la vie sauvage. Je ne pouvais pas me reposer sur des habitudes. Lorsque je perdais une école, je respirais mieux, j'étais soulagé, je retrouvais de la liberté.

 

 

  


Les cours particuliers

 

Qu'est ce qui fait courir tous les joueurs d'opens ? 

 

Gagner une partie d'échecs. Cela leur procure des plaisirs inégalés.

 

Je venais de remporter un tournoi. Je marchais sur l'eau. Un camé dans la rue m'a jeté un regard complice, croyant que j'étais shooté. Sans produits illicites, j'arrive à des moments de joie incomparables. Bien sur, l'euphorie ne dure pas et si je gagne souvent, cela ne me fait plus rien et je dois gagner des évènements plus prestigieux pour ressentir quelque chose. Il n'y a pas de recette miracle.

L'entrainement prime et rien de mieux que des rendez vous fréquents avec un spécialiste aimable pour réparer les trous de votre répertoire, vous encourager et vous motiver à l'étude. Prendre le temps d'analyser une position et de détailler les raisonnements qui mènent aux meilleurs coups.

 

Des gens, passés au club, m'avaient avoué n'avoir jamais joué avec un être humain. Ils avaient appris les échecs sur leur téléphone. Ils sont repartis. Ils préfèrent le monde virtuel.

 

Les robots nous fidélisent ; Ils sont  disponibles. Ils nous encouragent à chaque petit pas en avant. Ils nous donnent un classement au dessus de votre valeur. Ils nous laissent gagner contre des adversaires fictifs. Nous avons sur l'écran toujours plusieurs propositions et nous pouvons zapper dès que nous sommes confrontés à une difficulté. Nous disposons de vidéos faites par de super grands maitres mais les leçons s'adressent à un public vaste, le niveau n'est pas adapté.

La machine nous propose des jeux de vitesse qui ont plus affaire avec de la dextérité qu'avec de la réflexion. Elle veut nous garder avec elle.   

 

Interagir qu'avec des automates laisse dans le néant. L'intelligence artificielle annonce les meilleurs coups avec des évaluations. Elle n'explique pas encore comment  les trouver. 

 

 

 

Peu d'élèves suivent des cours particuliers dans la région. Les limousins n'ont pas l'esprit de compétition et pensent le jeu d'échecs comme un loisir. Dans la capitale régionale, Limoges, il n'y a pas plus de cinquante personnes intéressées par les échecs. Sur les statistiques du club, il peut y avoir plus de licenciés mais c'est artificiel. Les élèves sont licenciés lorsqu'ils participent à une rencontre académique. Des licences à cinq euros, cela permet de réclamer des aides.

La plupart des joueurs d'échecs s'inscrivent au club surtout pour trouver un lien social. Comme ces gens qui promènent leur chien avec l'espoir d'entrer en contact avec d'autres propriétaires d'animaux. Comme formateur, je trouve cette superficialité irritante. 

 

Les subventions servent à faire des tours en voiture et des repas entre amateurs. Il n'y a pas de marché pour un entraineur dans cet environnement. Il y a juste de petits emplois d'animateurs. Trop d'enfants font les pitres dans les cours collectifs. Ils gardent les mauvaises habitudes prises dans leurs collèges. Ils ne s'intéressent qu'à interagir avec leurs camarades. Le rendement est faible. Les effectifs jeunes sont clairsemés. Il n'y a pas d'adversité; Ils sont champions régionaux sans efforts.

Les entrainements adultes, c'est le grand vide. Les gars brillent par leur absentéisme mais le dimanche, ils veulent une bonne place dans les équipes.  

 

Devant les résultats affligeants d'un gamin aux championnats, j'avais proposé des cours particuliers. Sa mère s'était mise en colère: « Non, dans ce cas là, je préfère qu'il arrête l'activité! ». L'esprit de gauche, l'éducation prise en charge par l'état, chez des gens de classe moyenne.

 

Dans des régions plus compétitives, les clubs prennent en charge les cours particuliers de leurs éléments les plus prometteurs.

En limousin, les présidents de club y sont réticents. D'où des écarts de niveau patents.

Internet rend le monde accessible et je ne suis pas dépendant des petits potentats locaux . 

  

Une élève limousine avait fait sa généalogie, espérant trouver une lignée prestigieuse. Elle s'était plainte : "Que des bouviers! Aussi loin que j'ai pu remonter! ". Elle était chic dans son tailleur serré mais sa physionomie ne trompait pas : Trapue, un peu courte sur pattes et un gros nez. Tout à fait adaptée pour courir derrière les bestiaux.

 

Je dois rester honnête avec les limousins. Comme partout, il y a un engouement pour les échecs. Dans les écoles privées, je ne manquais pas d'élèves. Dans les quartiers aussi même s'il est difficile de les faire sortir de leur cité. C'est plutôt la mauvaise qualité des dirigeants des clubs qui font fuir les parents. Des successions de tournois mal organisés. Des présidents népotiques, des querelles constantes entre des clubs gérés comme des citadelles ; Des cours mal ficelés effectués par des amateurs. Au bout de quelques années de ce régime, les meilleures volontés se lassent. Beaucoup de turn-over chez les jeunes, seuls restent les fils des dirigeants. C'était particulièrement flagrant à Limoges.

 

L'entraînement d'équipes

La plupart des joueurs ne s'entrainent pas. Ils ne sont pas motivés par l'étude, se sentent dépassés devant  l'immensité de la tache et essaient de se maintenir en pratiquant. Ils sont fainéants et jouisseurs et trompent leur ennui avec les émotions liées au jeu. Les adultes ont une approche du jeu très proche de celle des enfants.

Leur vie échiquéenne est une suite d'humiliations. Après leurs défaites, les gars se mettent en colère mais ne font rien pour améliorer leurs résultats.

 

Après vingt ans de pratique, ils sont comme une poule devant un couteau au troisième coup de l'ouverture. 

 

En suivant un entrainement collectif au club, vous apprenez une méthodologie, des techniques de travail.

Des séances de deux heures sur de longs mois sont nécessaires pour espérer des progrès si vous n'avez pas un métier prenant ou une famille étouffante. Ce jeu demande de la disponibilité.

 

En analysant des positions en groupe, vous comparez votre niveau d'analyse avec celui de vos camarades. Des joueurs de petite catégorie montrent des capacités surprenantes. Le classement n'est pas juste le reflet de la force brute d'analyse. Les performances dépendent d'autres facteurs : La gestion du temps de réflexion, les prises de risque, l'émotivité, le choix des ouvertures, la résistance, les connaissances. 

 

Faire des cours aux adultes est délicat : Je dois ménager les susceptibilités. Autant les jeunes, habitués à l'école, acceptent les jugements négatifs et l'autorité des maitres. Autant les adultes peinent à accepter leurs erreurs de raisonnement. Ils sont plus fragiles. 

 

Les ateliers d'échecs en écoles privées


Les écoles publiques sont des entités administratives ouvertes à tous et les écoles privées des entreprises.

 

Pour comprendre une ville, vous allez dans les écoles. Les enfants sont bavards et ne mentent pas. Souvent ils répètent des phrases entendues chez eux. Ils expriment leurs préoccupations naturellement. Leur apprendre les bases du jeu n'avait pas un grand intérêt alors je les écoutais.

 

Dans l'école privée limousine, les gosses se trimballent avec un permis à point et lorsque le quota dépasse, la porte se profile vite. L'ambiance est calme, tout est bien organisé les directrices sont toujours sur le pont. Elle veulent imposer la discipline et sortent de leur bureau rouges de colère après leurs entretiens avec les élèves récalcitrants ou avec les parents revendicatifs.

  

Limoges historique est fracturée, d'un coté la droite dure des porcelainiers et de l'autre les ouvriers cégétistes.

Les usines ont disparues mais la fissure est restée.

En ville, beaucoup de dentistes n'acceptent pas les patients titulaires de l'aide médicale d'état. Les journaux comptent les voitures brûlées et font monter le vote extrême mais ne parlent pas des va et vient de tous les gugusses qui viennent alimenter leurs vices dans les cités.

Les fonctionnaires bloquent la ville plusieurs fois par an. Je ne suis plus impressionné devant les longs défilés de drapeaux rouges. Ce ne sont pas des révolutionnaires, à midi, ils repartent gentiment reprendre leurs postes, contents d'avoir défendu leurs intérêts partisans.

 

Les écoles publiques centrales sont désertées par les familles. Elles envoient leurs enfants dans les écoles privées ou dans les écoles publiques des petites villes pavillonnaires environnantes. C'est compartimenté, les ghettos de riches dans les écoles privées, les classes moyennes dans les écoles des villes pavillonnaires et les étrangers et les très pauvres dans les écoles de banlieue.

Tu nais dans une catégorie sociale et des barrières invisibles t'empêchent d'en changer.

 

Les écoles privées sont prises d'assaut. Les riches y sont mais tous ceux qui ont trois sous devant eux veulent en être. Même les employés municipaux y inscrivent leurs gamins. Les classes sont surchargées, le moindre espace est occupé pour y installer un élève.


Les riches font des efforts énormes pour éduquer leurs gosses. C'est la clé pour garder leur statut social. Ils les inscrivent en masse dans les ateliers d'échecs. Les enfants s'expriment bien, ont de l'humour. Je voyais dans la cour les mamans catholiques dévouées et leur ribambelle de mignons petits gosses. Les mères avaient l'air de s'ennuyer mais leurs enfants étaient heureux. La religion, c'est bien pour les enfants, le Christ qui marche sur l'eau, la petite voix de la conscience chrétienne qui te dit de faire le bien et le diable qui te conseille de faire des bêtises. Des histoires qui leur plaisent. La famille unie, c'est tout à leur avantage. Arrivé à l'âge adulte, la vie se gâte avec tous les interdits religieux.

Les enfants sont plutôt aimables ; Cela ce comprend aussi, ils ne vont pas renverser la table. Ils sont privilégiés, les vacances au bord de la mer en toute saison. A huit ans, ils ont déjà parcouru la planète. Même s'ils sont riches, il n'y a pas de mépris social chez les petits. Du moins, je ne le sentais pas.

 

Les riches ont aussi des problèmes éducatifs. Des écoles religieuses dans le principe mais beaucoup s'en moquent. Je souffrais du mauvais comportements d'élèves, surtout dans les cours du soir. Il y a les enfants des divorces, les enfants rois, les enfants des parents très occupés, des parents fêtards.

L'enfant essayait de recréer l'ambiance familiale à l'école et moi pauvre animateur d'échecs je devais affronter leur agressivité. Je m'interrogeais: "Que vivent ils chez eux pour se mettre dans des états pareils?"

J'étais pris en tenaille entre ces gamins qui voulaient créer le chaos et l'institution qui voulait l'ordre. Pas le droit de les frapper, pas le droit de les punir sévèrement, pas le droit de menacer. Je n'avais pas de marge. Si j'en virais un, je perdais le chèque correspondant et je risquais des histoires avec les parents et la directrice.

Je travaillais dans des locaux pas terribles ou dans des salles de classes. Les casiers tombaient, je gênais les maîtresses.

 

Des animateurs venaient pour les occuper avec de la gymnastique pendant la pause méridienne, mon remplacement était programmé. L' animation scolaire est un métier précaire. Je n'avais plus la cote. J'avais les yeux rouges à cause d'une allergie. La directrice me regardait d'un air méchant. Elle devait penser que je me droguais. Je n'allais pas traîner.  J'habitais pas dans le bon quartier. Il y avait trop de bruit dans mes cours. Je coûtais cher, je n'avais pas assez d'appuis dans le conseil d'école, je ne sais pas mais j'ai été viré. Ils ont peu d'égard pour ceux qui n'appartiennent pas à leur communauté, ces catholiques. J'avais la conscience tranquille, j'avais fait mon travail en fonction de mes capacités. Souvent, j'avais mal à la tête à la sortie des cours. Tous ces gosses exigeants et agités me faisaient bruler de l'énergie psychique. Je n'avais pas trop souffert de ce renvoi. Je n'avais plus ces plages horaires stressantes dans mon emploi du temps.  

 

Ils avaient accru la sécurité. Ils avaient installé des caméras à l'entrée de l'école. Ils notaient toutes les entrées sorties. La société penchait à droite, l'école privée aussi.

Des gamins jouaient aux royalistes contre les républicains dans la cour. J'avais dit à un enfant que les royalistes, cela n'existait plus. Il m'a répondu en souriant: « Mon père a plein d'amis royalistes» . Un directeur administratif. Les filles arrivaient en cours en criant: «Fillon Fillon» aux temps des affaires. Qu'il baisse les impôts, le reste importe peu.

  

Cette expérience dans les écoles privées a eu aussi de bons coté. Les enseignantes répétaient aux enfants les principes moraux et cela avait un effet bénéfique. Je n'ai pas vu  de violence et les enfants handicapés étaient intégrés.

J'avais les même élèves durant plusieurs années, je n'avais pas de cours séquencés comme dans le public. J'étais mieux payé qu'ailleurs même si je gagnais pas des fortunes. L'ambiance dans l'école privée était sereine, les personnels impliqués.

 

Les maîtresses étaient marquées par la fatigue. Elles avaient de petits salaires et travaillaient beaucoup. Dans l'interclasse, elles faisaient travailler les élèves en difficulté et le soir elles ne partaient pas à la sonnerie comme celles des écoles publiques.

 

Deux anecdotes pour donner la tendance conservatrice:

 

Une maîtresse avait fait l'éloge d'un élève devant ses camarades. Pour un exposé sur les travaux publics, sa mère avait acheté pour des centaines d'euros de gros jouets métalliques : Des grues, des camions, des bulldozers, sur toutes les étagères de la classe. C'était un étalage ostentatoire mais cela avait plu à cette enseignante.

 

Une professeure avait débarqué dans mon cours, visiblement fâchée. Un élève s'était mis en mode suicide et en parlait haut et fort. Dans une position perdue, il avait décidé de donner toutes ses pièces pour abréger la partie. J'avais laissé faire même s'il avait tendance à s'auto détruire assez rapidement. Le gamin a quitté l'atelier. Dans la religion, le suicide est un sujet tabou.

C'était une bonne institutrice, elle rassurait les gamins avec ses lignes directrices claires et bien établies. Un autre jour, J'avais sa classe et les enfants avaient changé de comportement, ils étaient agités, je n'arrivais rien à en faire. Elle était en congé et sa remplaçante n'avait pas sa qualité.

 

 


cours d'échecs

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